Les espèces de goélands présentes à Roscoff :
- Goéland marin (2 couples nichent sur la commune, la principale colonie se situe sur Ty Saozon (40 couples), cette espèce se nourrit dans le vieux port de Roscoff (débarquement, rejet de poisson et marché le mercredi) et activités de criée au port de Bloscon. Vient peu au contact des humains sauf activité de pêche professionnelle.
- Goéland brun : 2 à 3 couples nichent à Perharidy sur les toits du centre de rééducation de la fondation Ildys. Espèce en déclin. Oiseau plus timide que le goéland argenté et qui fuit généralement les interactions avec les humains notamment à Roscoff.
- Goéland argenté : 20 couples maximum nichent sur la ville de Roscoff. C’est l’espèce qui interagit le plus avec les humains. Sa polyvalence, son opportunisme, sa personnalité bruyante en fait un administré pas facile à gérer.
Une espèce protégée par la loi
Le goéland argenté est une espèce protégée depuis 1962. Conformément à l’article L.411-1 du Code de l’environnement, il est strictement interdit de capturer, déplacer, détruire ou altérer les oiseaux, leurs nids, leurs œufs ou leurs zones de repos.
La stérilisation des œufs : un constat de limites
Depuis plusieurs années, la Ville de Roscoff menait une campagne de stérilisation des œufs de goélands argentés afin de limiter leur prolifération et les nuisances qu’ils occasionnent. Cette intervention était réalisée dans le cadre d’une autorisation préfectorale stricte et concernait uniquement une zone bien précise (centre-ville, alentour des restaurants).
Toutefois, plusieurs limites ont été observées :
- Un impact très limité sur la population globale : La stérilisation des œufs peut réduire le nombre de naissances dans la ville de Roscoff, mais elle n’affecte pas les goélands adultes ou les oiseaux provenant d’autres zones. Les goélands sont très mobiles et peuvent facilement se déplacer vers d’autres sites de nidification. La population ciblée par la stérilisation des œufs concerne 20 couples parmi plusieurs centaines dans le périmètre immédiat de la ville de Roscoff.
- Des effets compensatoires : Certaines espèces d’oiseaux, y compris les goélands, peuvent compenser la perte de leurs œufs en pondant de nouveaux œufs ou en augmentant leur taux de reproduction les années suivantes. Cela peut annuler les effets de la stérilisation. A Concarneau, une ponte de remplacement est notée et diffère dans le temps les nuisances potentielles jusque fin août au lieu de mi-Juillet.
- Un équilibre écologique fragile : Les goélands jouent un rôle dans l’écosystème, notamment en tant que prédateurs et charognards sur l’estran. L’essentiel de ces oiseaux arpentent l’estran à la recherche de leur nourriture. Réduire leur population peut avoir des effets en cascade sur d’autres espèces. La raréfaction du goéland argenté en ville de Roscoff permettrait peut-être l’arrivée d’oiseaux comme le choucas des tours dont la dynamique est très positive.
- Des contraintes techniques et humaines importantes :
Jusqu’en 2024, les campagnes de stérilisation étaient réalisées par des prestataires cordistes. Toutefois, le recours à ces professionnels est devenu plus difficile, notamment en raison du caractère dangereux des interventions et du durcissement de la réglementation relative à l’accessibilité des toitures. Les opérateurs appliquaient alors, à l’aide d’un pinceau, un produit directement sur les œufs.
En 2025, la solution adoptée a été une stérilisation par un drone. Cette méthode, bien que plus simple à mettre en œuvre, est moins précise et augmente les risques d’erreur, notamment dans la distinction entre les œufs de goélands argentés et ceux d’autres espèces. Le dispositif mis en place en 2025 a représenté un coût de 3 600 € HT.
- Des populations résilientes et difficiles à maîtriser
Les goélands sont des espèces adaptables et opportunistes. À Roscoff, l’absence de colonie structurée, la dispersion des sites de nidification et la topographie urbaine rendent toute intervention difficile. Certains nids sont inaccessibles ou indétectables, notamment ceux situés au sol dans des propriétés privées.
Par ailleurs, les populations de goélands (argenté, marin et brun) ont atteint un pic dans les années 1990 et sont aujourd’hui en déclin, le goéland brun étant particulièrement concerné.
2026 : une année test dédiée à l’observation
En l’absence de demande de dérogation préfectorale en 2025, aucune campagne de stérilisation ne pourra être engagée en 2026. Cette année sera donc entièrement consacrée à l’observation.
Elle coïncide avec l’organisation de grands comptages régionaux. Initialement programmés tous les dix ans (2011, 2021, 2031), ces suivis ont été complétés cette année par un comptage supplémentaire à l’échelle régionale.
Ce dispositif permettra de recueillir des données précises sur l’évolution des populations de goélands. Par ailleurs, 60 individus, soit 20 pour chacune des trois espèces présentes en Bretagne, seront équipés de balises GPS afin de mieux comprendre leurs déplacements et leurs comportements.
À l’issue de cette année, un bilan sera réalisé en collaboration avec les associations Terra Pelagica, la LPO et Bretagne Vivante. Cette évaluation permettra de déterminer s’il est pertinent de solliciter à nouveau une dérogation préfectorale et d’envisager, ou non, une campagne de stérilisation des œufs de goélands en 2027.
Une nouvelle stratégie : prévention et sensibilisation
Le nourrissage des goélands par l’homme, bien qu’interdit, reste une pratique observée. Elle modifie leur comportement, les rend dépendants et peut accroître les risques d’agressivité. Elle présente également des dangers pour leur santé (alimentation inadaptée, ingestion de déchets, propagation de maladies).
La Ville de Roscoff engage donc une nouvelle approche centrée sur :
- la prévention,
- l’information du public,
- la responsabilisation des habitants et visiteurs.
Un dispositif d’affichage sera déployé pour rappeler les bonnes pratiques et favoriser une cohabitation respectueuse.
Agir ensemble pour une cohabitation durable
Réduire les nuisances liées aux goélands passe avant tout par des gestes simples et une prise de conscience collective. Chacun peut contribuer à limiter leur présence en ville tout en respectant la biodiversité.
Réduire les nuisances liées aux goélands passe avant tout par des gestes simples et une prise de conscience collective. Chacun peut contribuer à limiter leur présence en ville tout en respectant la biodiversité.